
Est-ce que vous avez déjà pris un gros coup de pelle en pleine figure ! En pleine tête ?! BAM ! Un K.O ! Oui, Oui, Un Knock Out comme « y » disent de l’autre côté de la Manche ! Toutes mes excuses pour ce langage familier.
Le genre qui sidère. Si bien que sa boussole interne est cabossée, fendue. Les aiguilles perdent leur équilibre. Vascillent. Et pas que les aiguilles d’ailleurs ! Elles tournent dans tous les sens. Elles perdent leur sens. Elles perdent la raison. Ça résonne dans la tête. Avec l’onde de choc du BAM ! Je le refais encore le BAM ! Ou tout le monde a compris !
Alors, ça vous parle ?!
Le genre d’évènement qui marque votre vie. L’évènement inattendu, abstrait, invisible, incolore, inodore, silencieux, assourdissant même, insidieusement insipide. Et qui bouleverse tous les sens. Une sensation de flottement donne l’impression de marcher à côté de son corps. En parallèle. À côté de ses pompes en somme !
Le choc extermine toutes vos capacités à penser comme avant. Avant quoi d’ailleurs !? Y s’est passé quelque chose ? Ça ressemble à une cuite, en pas drôle.
Le corps titube. Les gestes ne sont plus en connexion avec le cerveau. Tout est en décalage. Un temps trop lent ou trop rapide. Un désaccord total s’exerce dans tout. La bouche, les mots, les muscles, le cerveau. La capacité de préemption ne s’harmonise plus. Une désynchronisation la plus totale. Une désorganisation entre le dedans et le dehors.
Plus le temps passe et plus le phénomène empire. Les oublis de choses simples. Les heures qui passent comme par magie ! La perte de repère temporel : l’oubli de la date du jour, les décalages de quelques jours en mois, en année aussi ça marche. Une confusion s’immisce dans le système appuyant cette déperdition de repères en même temps que la confiance, l’estime puis l’affirmation de soi. C’est la glissade dans le gouffre. Et la chute qui ne s’arrête pas. Le cauchemar éveillé.
Alors tout ça je sais le décrire après 15 ans. Et maintenant je vois certains de mes proches le vivre. Impuissante. Tous mes mots glissent sur eux tant la sidération les a anesthésiés. Leur regard dans le vague en dit long comme je le vois dans des photos de moi 10 ans, 8 ans en arrière. Mes mains tendues sont veines car leur corps glisse comme si leurs os ne les portaient plus. Un corps inanimé.
Il arrive qu’un grand coup de pelle n’arrive jamais sans un autre, et pis un aut’… En plus de la glissade, ce sont les murs qui s’effondrent. Au réveil, la tête est lourde. Un étau en guise de lauriers. Une sensation de dissociation tant interne que jambes, tronc, tête et bras sont éparpillés au sol. Toute l’énergie d’un corps sain évaporé. La conscience s’en mêle comme une pointe de lucidité sarcastique pour nous dire que d’associer tout le Bazard dans l’ordre va demander … un peu de temps… entre autres choses. Mais quoi ? [Silence -Vide intersidéral du cerveau] Les émotions ont disparu. Cela peut être vu comme un avantage… Parfois. Pour certain. 😉
Trauma ou traumatisme, à ce stade du choc, le cerveau est déconnecté. Mais pour les personnes qui assisent au premier rang, observent les proches, amis, intimes, cela peut être une aide pour imaginer. Comprendre un peu. Avoir une représentation. Prendre du recul. Ou déterminer la cause du problème.
Un trauma découle d’un évènement violent physique et/ou psychique vécue dans l’enfance qui est dissimulé par la violence du choc. Oublié en totalité ou en partie.
Un traumatisme correspond à une blessure physique et/ou psychique qu’une personne subit. Cet évènement renvoie aux conséquences du trauma passé.
Prenons un exemple, j’ai 2 ans et je suis mordue par un gros chien baveux. (Oui parce qu’à 2 ans tous les chiens sont gros et ils semblent baver 😉 ! J’imagine !) Saisie par l’effroi, mon cerveau réagit en mode protection et j’oublie. J’engramme un nombre d’informations sensorielles stockées en moi en plus des émotions intenses vécues en quelques minutes horribles. C’est le TRAUMA.
20 ans plus tard, je me balade dans la rue et un gros chien (baveux aussi ! 😁) saute ses deux grosses patates en avant, manifestant son dynamisme admettons pour jouer ! La peur m’inonde. Mon corps se fige. Je tombe tétanisée, inerte. C’est le TRAUMATISME. Les sensations dans le corps se rejouent avec une dose d’intensité inouïe et un tsunami émotionnel nous submerge. C’est la déperdition de repères qui s’enchaîne.
Inspirez. Expirez. Revenez à vous. Ceci n’est ni un trauma ni un traumatisme.
Votre dévoué coach qui griffonne.
Lucie